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L’ONU et l’immersion précoce pour préserver les langues en danger et « l’écologie linguistique"

Dernière mise à jour : 21 sept.

Par Thierry Kranzer, 29 juin 2022




" Les variantes dialectales devraient être autorisées en milieu scolaire car une standardisation excessive peut nuire à la préservation des langues en danger et à l’écologie linguistique" est la 10è recommandation d’un rapport (1) d'un groupe d'experts de l’ONU que devrait avaliser au mois de juillet par le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC). Présentée à l’ouverture de la 21è session annuelle de l'Instance permanente de l'ONU sur les questions autochtones, lundi 25 avril 2022, cette proposition intervient en marge du lancement au printemps de la première Décennie des Nations Unies sur les langues autochtones (2022-2032).


L’ECOSOC devrait aussi recommander (2) à l’UNESCO et à ses États membres d’entamer des travaux sur les données relatives aux langues autochtones, en prévoyant un financement suffisant pour contribuer aux priorités pour l’après-2030 et de recueillir des données sur les langues autochtones à l’échelle mondiale. Ces textes reconnaissent le rôle fondamental joué par les peuples autochtones dans le lancement d’initiatives comme la déclaration d’une décennie de la langue chouanon et la création d’un programme d’immersion linguistique par la tribu des Chaouanons, ainsi que l’initiative de la Nation Cherokee visant à créer un centre dédié à la langue cherokee. Le rapport note aussi l’initiative des Nganassanes et des Enets de la péninsule de Taïmyr (Sibérie) pour créer des foyers de revitalisation linguistique afin de favoriser une immersion précoce, reprenant la méthode utilisée pour revitaliser les langues maorie, hawaïenne, carélienne et same d’Inari.


Par ces rapports, l’ECOSOC inviterait l’UNESCO et son forum des commissions nationales, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance et l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR), en collaboration avec des experts et représentants issus de peuples autochtones, à créer un incubateur de méthodologies internationales en matière d’éducation multilingue, y compris des études sur les meilleures pratiques de revitalisation des langues, la formation des enseignants et les outils d’apprentissage interculturel d’ici à 2025.


Enfin, le Conseil économique et social de l’ONU, par ces textes, appellerait aussi les États Membres à développer les écoles et les programmes d’immersion en langue autochtone et les écoles bilingues afin d’aider les jeunes autochtones à se réapproprier leurs langues et d’intégrer dans les programmes scolaires nationaux une éducation interculturelle et bilingue, y compris dans le cadre de programmes d’immersion linguistique, et de veiller à ce que la langue de la région ou de la zone infranationale dans laquelle se trouve l’école fasse partie des programmes.


(1) rapport E/C.19/2022/10 du 22 février 2022

(2) Rapport E/C.19/2022/L.4/Rev.1

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